En pareil cas, le mieux c’est de ramener le pavillon et de se rappeler qu’en mettant très vite un pied devant l’autre et en recommençant, on peut obtenir des résultats intéressants.
Par bonheur, je n’ai pas fermé la lourde. Un saut en arrière et j’ai quitté la pièce. Faudra qu’un de ces jours je me trouve un emploi de lapin chez un prestidigitateur : je suis doué !
* * *
La route sent la pluie et le varech. Je cavale tant que ça peut, en jetant des regards derrière moi.
Vous me direz que ça n’est pas prudent de rester sur cette grande route, mais je vous objecterai que c’est beaucoup mieux que de me baguenauder dans les dunes, dont j’ignore les embûches et la géographie.
Tout paraît tranquille, mais pour combien de temps ?
Ulrich va sûrement déclencher un pastis maison contre ma petite personne.
Soudain, j’entre dans un village. J’aperçois un camion allemand, plein de boules de pain, arrêté devant un grand bâtiment. Je sais qu’il contient des boules de pain, parce que j’amène mon grand renifleur jusqu’à la hauteur du plateau. Le moteur du camion tourne au ralenti, preuve qu’il ne va pas tarder à foncer dans le brouillard.
Je n’hésite pas et je me hisse à l’intérieur du véhicule. Voilà un coin où les sulfatés ne penseront pas à me chercher.
Bien planqué, derrière une pile de brignolets, j’attends… Pas longtemps ; deux Chleuhs escaladent les marches de la cabine et nous démarrons.