— On est prié de renvoyer l’ascenseur.

Il me tend la main.

— Heureux de vous connaître, commissaire. Cela fait très longtemps que j’entends parler de vos exploits.

Je fais un petit geste, plein d’une charmante modestie, et je le suis dans son arrière-boutique.

Le magasin est immense et renferme une foule de meubles. Il y a là des salles à manger, des chambres à coucher, des divans, des bahuts, ainsi qu’il est normal dans un magasin spécialisé dans l’aménagement du home ; mais certains de ces meubles offrent des particularités que je ne tarderai pas à découvrir et dont la principale est qu’ils ne sont pas à vendre.

Le propriétaire se nomme Bourgeois et il est d’origine française par un ami de son père. C’est un type de quarante berges environ, à l’air calme et énergique. Parkings m’a parlé de lui en termes élogieux. C’est Bourgeois qui s’est aperçu qu’il se produisait des « fuites » importantes au sein de son organisation et qui a prévenu Londres.

— J’espère que vous pourrez découvrir le traître, me dit-il en débouchant une bouteille de champagne.

— Je ferai mon possible.

Je lui narre les péripéties de ma première journée en territoire belge.

— Slaak assassiné ! balbutie-t-il.