— Mettez-vous devant moi ! ordonné-je à Laura.
D’en bas, nos poursuivants peuvent tout juste apercevoir nos têtes. Et encore bien mal, car il fait nuit.
Je quitte subrepticement mon imperméable, je le roule en boule et j’étrangle le milieu de cette boule au moyen de la ceinture, de façon à former un paquet en forme de huit. Je tiens l’autre extrémité de la ceinture. Si ça boume comme je le veux, on va se marrer d’ici peu de temps !
En bas, les Frizous se concertent.
— Une dernière fois, jetez votre arme ! crie Thierry. Sinon, nous ouvrons le feu !
C’est fou ce que mon feu les tracasse, ces oiseaux couleur bouse de vache ! Ils ont vu que je savais m’en servir, et ils ne tiennent pas à tenter une nouvelle expérience.
— O.K. ! dis-je. Le voilà !
Je lance mon revolver dans le tas, en souhaitant que l’un des types le prendra sur le groin et qu’il lui poussera une bath aubergine sur le croûton.
Rapidos, j’expose mon projet à Laura :
— Ils vont refoutre le courant. Le chariot va atteindre la plate-forme. Une fois là, j’essaierai de bloquer le système de la crémaillère en le coinçant avec mon imperméable. Ils ne pourront voir nos faits et gestes. Ils croiront à une panne et ils feront je ne sais quoi… J’espère que vous êtes agile et que vous ne craignez pas le vertige, car nous allons enjamber le rebord du toboggan et nous laisser glisser le long du pilier jusqu’en bas. Il fait trop sombre pour qu’ils puissent s’en apercevoir. Le pied du pilier se trouve entre un mur et la palissade d’enceinte. C’est bien le diable s’il y a quelqu’un là-dessous !