L’heure convenue avec le champion de l’hyposulfite s’écoule. Je règle mes consommations et retourne chez le photographe.

Il est assis derrière sa banque, plus frileux que jamais.

Il me regarde d’un air à la fois stupéfait et inquiet. Je frémis en pensant brusquement que les images qui sont apparues sur la pellicule que je lui ai confiée sont peut-être de nature à l’épouvanter. Aussi, est-ce d’une voix mal assurée que je lui demande :

— Vous avez mon petit travail ?

Sans mot dire, il décroche une photographie épinglée à un fil.

— C’est… c’est tout ? fais-je.

— Oui. Le reste n’était pas impressionné. J’ai remis d’office une bobine neuve dans l’appareil.

Je me penche sur l’image. Si je m’attendais à un spectacle ahurissant je suis volé. Et comment ! La photo représente une partie de la façade d’un magasin et un pan de pardessus d’homme, une jambe de pantalon et un soulier. C’est tout ce que l’objectif, mal centré, a pu capter de l’individu pris pour cible.

C’est drôlement tartouze comme résultat !

— Avez-vous une loupe ? demandé-je au petit photographe.