— Un sac de charbon, vous savez ce que c’est ?

— Plein ?

— Bien entendu, plein !

— À la cave, dit la grosse femme.

Je descends dans ce sanctuaire et je jette un regard de sympathie aux rangées de bouteilles.

« À bientôt, mes chéries », leur chuchoté-je.

Je me précipite sur le tas de charbon. Je me roule dessus, j’y plonge mes paluches, mon visage. Puis j’emplis un sac et je remonte.

En passant devant une des glaces du bistrot, je me marre. J’ai vraiment l’air d’un charbonnier. Il faudrait être plus malin qu’un Frizou pour reconnaître San-Antonio sous cette couche de poussière.

— Allons, ouvrez la lourde ! Bourgeois ! dans une heure à l’église. Je pense que vous arriverez le premier. Dites à votre frangin qu’il ne s’émotionne pas.

Je sors.