Une autre chose m’a fait tiquer : Héléna était sortie vêtue d’un pull-over jaune-or, plus tard, pendant que je fouillais sa chambre, j’ai déniché dans sa penderie le même pull. Il est rare qu’une femme élégante possède en double certains vêtements… caractéristiques.

Tous ces détails en faisceau m’ouvrent grand l’entendement.

Le rapport des anges gardiens, assurant qu’Héléna a une vie exemplaire, alors que la mère Tapautour jure qu’elle s’envoie en l’air sous son toit plusieurs fois par semaine.

Et surtout la disparition du cadavre de Louveciennes. Il fallait que je sache qu’Héléna était morte, mais ils ne pouvaient abandonner le corps aux docteurs légistes qui auraient établi l’identification.

Il y a également les tifs que j’ai trouvés sur le traversin, dans le studio, et qui m’ont appris que la femme à qui ils appartenaient les teignait…

Je me suis tout de suite dit que lorsqu’on possède des crins de cette couleur cuivrée, on ne les teint pas sans avoir une raison sérieuse.

Et comment qu’elle était sérieuse, la raison…

Je m’aperçois que, pendant le temps de ces déductions, Schwartz et Héléna n’ont pas cessé de me fixer. Ils attendent la réponse.

— Ah ! oui, dis-je, comment j’ai pigé qu’il y avait deux Héléna ?

Je demande à la donzelle.