Je le regarde.

— Tout à l’heure, fais-je, j’ai assisté â un accident. « Un petit garçon qui allait à l’école a été écrasé par un chauffard. » C’est à la suite de cet accident que je suis venu ici. Question de nez. Pas de mon nez à moi, mais du vôtre…

L’autre me regarde longuement.

— Vous avez un nez trop long, ajouté-je ; ça se remarque.

— Je ne comprends pas…

— Le gamin que vous avez chargé de porter un certain petit paquet destiné au fameux San-Antonio, puis que vous avez écrasé, n’est pas mort. Il a donné votre signalement…

Mon mensonge prend. L’homme se mord les lèvres. Son attitude peut être considérée comme un acquiescement. Toute ma fureur rentrée explose. Au moment où il s’y attend le moins, je lui place un parpaing de deux tonnes au milieu du front. C’est un coin de l’individu qui est résistant ; mais lorsqu’on administre la dose voulue, ça fait de l’effet. Et la dose, je l’ai mise.

Long-pif choit en arrière ; heureusement — ou malheureusement pour lui — Bouboule le soutient. D’un regard il me demande s’il peut y aller. D’un autre regard je lui fais signe que oui. Alors Grosse Gonfle pousse sa chique dans un coin de sa bouche, et commence la « Valse de l’Empereur ! »

CHAPITRE XIX

L’ENFER CHEZ SOI