Il est tout pâlot. Il ouvre des cocards grands comme le tunnel de Saint-Cloud et balbutie :

— Monsieur le commissaire…

Je lâche ses revers. Lentement, il fait remonter sa gabardine sur ses épaules.

Ferdinand, c’est un gars du milieu. Pas du tout le genre caïd. Lui, c’est le gagne-petit du crime. Il turbine dans un peu tout, pourvu que ça rapporte et que ça ne mouille pas trop le bonhomme.

— Et alors, je lui dis, tu joues à James Cagney, maintenant ?

La chose me surprend, car c’est pas du tout son genre.

Le cinéma non plus, c’est pas son genre…

Je le regarde. Il a l’air penaud comme un mironton qui rencontrerait sa bourgeoise en sortant du lupanar.

D’un mouvement preste, je palpe ses fouilles, j’en retire une petite trousse de voyage en cuir. Là, il devient verdâtre, le Ferdinand. J’ouvre la trousse, certain à l’avance qu’elle ne contient ni rasoir ni savonnette… En effet, elle renferme un joli nécessaire de cassement. Tout ce qu’il faut pour rire et s’amuser en société lorsque les locataires sont absents. C’est de l’instrument de précision. Une vraie trousse de chirurgien.

— Oh ! dis donc, je lui fais, tu te montes, Ferdi…