— Et pourtant, c’est vrai.
Je me repais un moment de son air abasourdi et lui pose la main sur l’épaule.
— Écoutez-moi, mon bon monsieur. Je suis le commissaire San Antonio, et j’ai l’habitude qu’on me fasse des blagues. Seulement, j’ai la faiblesse, assez compréhensible, n’est-ce pas ! de vouloir en découvrir les auteurs. Je ne tiens pas à faire du scandale, et il n’y aura aucun tam-tam autour de votre boîte si vous m’aidez.
Il se plie en deux à tel point que je crois qu’il va embrasser ses godasses et il commence à me faire un baratin, aussi long qu’un rapport d’huissier, pour m’assurer de son entier dévouement.
— C’est bon, lui dis-je, non sans noblesse. Commençons donc par le commencement : êtes-vous sûr de votre personnel ?
— Comme de moi-même. Ce sont des garçons d’étage attachés depuis plusieurs années à l’établissement.
— Soit. Qui donc alors peut avoir accès aux chambres ?
— Personne.
— Personne ! Venez avec moi.
Je l’entraîne dans le hall et lui fais signe de ne pas bouger. Je m’approche de la caisse et je dis, d’une voix morne : « 28 ». Docilement le portier me tend le 28.