Je reviens auprès du gérant.
— J’ai la chambre 27, lui dis-je, et pourtant voici la clé du 28. Il y a deux cents chambres dans votre clapier, comment voulez-vous que le préposé au tableau se souvienne des locataires de chacune ?
Mon interlocuteur se gratte le blair d’un air gêné. Ma petite démonstration le laisse baba, cet homme.
— Alors ? questionne-t-il, vous pensez qu’un des locataires de l’hôtel a utilisé votre clé ?
— Sans doute. À moins, cependant, qu’il n’ait eu un passe-partout, vos serrures ne sont pas très compliquées.
— Qu’allez-vous faire ?
— Attendre. La nuit prochaine, vous allez me donner la chambre située en face de la mienne, sans toutefois louer cette dernière. Et je veux que personne, vous m’entendez ? personne ne soit au fait de ce déménagement.
— Comptez sur moi, monsieur le commissaire.
Je le salue d’un petit signe de tête et je quitte l’hôtel en fredonnant un air de boogie-woogie.