Je vais à Air France pour étudier les horaires des Dakotas pour Marseille. Je constate qu’en partant à deux heures de l’après-midi de Nice, je pourrais être de retour à huit heures ce soir. Tout va bien.
Oublions les préoccupations de l’heure et allons au rendez-vous de ma princesse lointaine.
Justement, elle m’attend déjà dans une petite robe mauve qui semble peinte sur elle tellement elle la moule. Ses yeux ressemblent à deux pastilles de nuit d’été, découpés dans du satin. Je vous jure qu’au bras de cette gosse, on n’a pas l’air d’un marchand de frites.
Nous échangeons des politesses d’usage avant d’aller déjeuner. J’ai une faim de cannibale. À vrai dire, j’ignore si les cannibales ont de l’appétit, il faut croire que oui, étant donné les denrées qu’ils se glissent sous les molaires.
Nous passons deux heures exquises. Non seulement Julia est belle à commotionner un centenaire, mais c’est aussi une des filles les plus spirituelles que je connaisse.
Je lui demande la permission de la laisser choir et je me fais conduire à l’aéroport.
CHAPITRE V
Conversations
Au moment où je pénètre dans le bureau de Favelli, celui-ci est en train de questionner un prévenu. Je me rends compte que mon collègue n’est pas un garçon absolument patient, car il flanque autant de beignes sur le museau de son client qu’il y a de virgules dans ce livre.
En me voyant entrer, il se lève.