— Écoute, dis-je au bonze à veste blanche, laisse tomber tes flacons un instant et amène ce qui te sert d’oreilles.
Car, il faut bien que je vous l’avoue, il m’est venu une idée. Je me suis dit que l’enterrement du mort n’a pas dû avoir lieu au début de la nuit, mais plutôt sur la fin because le risque de rencontrer des noctambules. Or, dans cette rue, qui est-ce qui a une chance de jeter un coup d’œil à trois ou quatre heures du matin, sinon les gens du cabaret : employés ou clients ?
Hein ! Qu’en dites-vous ? Avouez que ça n’est pas mal emballé comme raisonnement.
Le Chinetoque me regarde de biais. Il ressemble à un vieux matou de salon.
Je l’attaque aussitôt.
— Dis donc, mon bijou, imagine-toi qu’il y a dans ma poche un billet de la Banque de France qui aimerait voyager. Ça te ferait plaisir qu’il traverse le comptoir ?
Son visage ne change pas d’expression. C’est à peine si ses yeux deviennent un peu plus mornes.
— Eh bien, réponds !
Il a un sourire crispant auquel je voudrais pouvoir mettre le feu.
— De quoi s’agit-il ? se décide-t-il enfin.