— Tu m’as eu, poulet, grommelle-t-il.

— Tu n’avais qu’à pas jouer au petit soldat, lui fais-je. Malgré que tu aies essayé de me buter à Turin, je t’avais fait une proposition honnête.

— J’ai mon taf.

— Et comment que tu l’as, mon pauvre vieux !

Il hoquète :

— San Antonio, mets-m’en une dans le citron, je souffre trop.

J’hésite, je ne sais si je dois accéder à sa requête.

— Écoute, lui dis-je, prenant une brusque décision ; je peux encore faire ça pour toi. Seulement, sois gentil et donne-moi une indication au sujet de la bande. Enfin quoi, ce gang-là, c’est pas ta patrie, c’est à cause de lui que tu calambutes en ce moment, l’oublie pas.

Un voile passe dans son regard.

— Tu peux… tu peux pas piger… j’ai le pépin pour elle…