Elle porte les mains à sa bouche et devient livide. Je lui colle vite son verre dans les doigts et lui conseille de le vider.
Ça se passe très bien.
— Voilà, exposé-je, il y a plusieurs façons de jouer cette partie. Le plus simple serait que j’aille carrément à la table de ces fumelards et que je leur foute mon feu sous le blair en leur conseillant d’attraper les lustres ; la seconde consisterait à prévenir la police ; mais à ces deux, je préfère ma technique personnelle. Si je faisais arrêter Bruno, je vous parie les faux seins de Marlène Dietrich contre une botte de radis qu’il s’en tirerait because Else a dû lui préparer un alibi en béton armé.
— Quelle est donc votre méthode ?
Au lieu de lui répondre, j’appelle un fakir qui, à son air important et à la distinction qu’il met dans l’art délicat de ne rien faire, doit être le gérant de la boîte.
Il s’approche, digne comme un croque-mort lorsqu’il n’est pas brin-de-zinc.
— Vous parlez français ?
— Si, parlo un poco, ma non molto bene.
— Qu’est-ce qu’il bave ce grand veau ? questionné-je.
Jeannine sourit.