CHAPITRE III

En chasse

L’après-midi, j’accompagne Julia à la gare Saint-Charles. Nous nous livrons la grande scène des adieux. Heureusement, Félicie met toujours une demi-douzaine de mouchoirs propres dans ma valise. J’en sors un de ma poche pour essuyer les larmes de ma douce amie et un autre pour agiter au moment où le train s’ébranle.

Dans l’existence, il faut toujours être correct.

Je profite de ce que je suis à la gare pour mobiliser un taxi, car je vais avoir pas mal de courses à faire dans un laps de temps assez court.

Pour commencer, je me fais conduire au Colorado. Comme je l’espérais, la boutique est fermée. J’aperçois, dans les parages, quelques bonshommes qui examinent les étalages avec une innocence qui sent son flic de très loin. Je m’approche de l’un d’eux et lui colle mon insigne devant le nez.

— Écoutez, dis-je, c’est moi qui suis sur l’affaire que vous savez. Avez-vous vu entrer ou rôder un quidam depuis votre faction ?

Il secoue la tête.

— Non, monsieur le commissaire.

— Eh bien, continuez à ouvrir l’œil.