S’il croit chatouiller ma modestie, il se trompe.

— Ça ne m’étonne pas, je lui réponds tranquillement.

Il m’examine avec curiosité.

— Vous êtes un drôle de corps, hé ?

Il me désigne un fauteuil assez large pour que puissent y prendre place deux centenaires et leurs descendants. Je m’y répands illico. Ouf ! Ça n’est pas mauvais de s’asseoir sur quelque chose d’immobile après une galopade comme celle que je viens de faire.

Je sors une cigarette de ma poche et je me l’offre sans manières.

— Allez-y, patron, je vous écoute.

Il ouvre un tiroir et en extrait un dossier vert sur lequel un type a dû tirer une langue longue comme ça pour écrire un titre en ronde. Il se met à le caresser amoureusement, comme s’il s’agissait d’un petit chat.

— Une étrange affaire, murmure-t-il.

Je ricane :