— À la morgue !
Il démarre. Décidément, je passe ma vie dans ce Frigidaire. Le gardien me reconnaît aussitôt. Les flics ont dû l’affranchir.
— Alors, monsieur le commissaire, me dit-il, vous m’avez envoyé des clients… C’est gentil.
Je ne souris pas en entendant ces facéties de garçon de bain.
— Dites-moi, mon vieux, vous devez avoir les fringues du Chinois.
— Justement, approuve-t-il, on m’a téléphoné de la Sûreté de les tenir à votre disposition.
Il m’entraîne dans une salle qui sent le désinfectant et la crasse en conserve. Il saisit un paquet ficelé dans un casier et le défait sur une table. Je fouille les poches des pauvres nippes de Confucius.
— C’est déjà fait, me dit le gardien. Tous les objets qu’il portait sur lui se trouvent dans ce petit sac de toile.
Je vide la pochette sur la table. Elle contient un briquet, un paquet de Lucky, une chevalière en or, un crayon, un carnet de tramway, un mouchoir et un trousseau de clés. J’attrape les clés et les envoie rejoindre l’écouteur téléphonique dans ma poche. Je fais un petit salut de la main au gars du Frigidaire et je vais rejoindre mon chauffeur.
— Cette fois à la Sûreté !