Je parviens au bois de Boulogne où je roule en seconde. C’est plein de braves gens qui promènent leurs chiards et de tapineuses qui me font des sourires discrets.
Dans les petites allées, il y a des bagnoles arrêtées à l’intérieur desquelles des couples se comportent en personnes qui se témoignent une certaine sympathie…
Je refilerais bien une demi-jambe au zigoto qui pourrait me soumettre une idée potable… Le théâtre ? Il est trop tard, tous les spectacles sont commencés… Le ciné ?… Tout seul ça n’est pas poilant !
La chasse à la souris ? J’en ai marre. La séance d’hier m’a calmé les nerfs. Et puis, il ne faut pas que ça devienne une habitude…
Je traverse le bois sans avoir trouvé rien de valable. Je tourne autour de l’Étoile, je cramponne l’avenue de Wagram, je traverse la place des Ternes et tout bêtement je me retrouve boulevard de Courcelles.
Comme dit la chanson : « Nous avons fait ça simplement, sans presque y penser ! »
Boulevard de Courcelles, si vous avez un tant soit peu de mémoire, vous vous souvenez que feu M. Balmin y avait un magasin d’antiquités.
Pourquoi est-ce à ce petit vieux que je songe en ce morne dimanche d’avant-printemps ?
À lui, oui, avec ses yeux éperdus, sa moustache blanche lamentable, ses joues livides…
À lui, tout seul, tout mort dans cette voiture…