CHAPITRE IV
Où il est question d’une souris partie sans laisser d’adresse
« Chemist’s shop », mon tom-pouce français-anglais indique que ça se dit aussi « Pharmacy ». C’est pas ça qu’il y a écrit en caractères dorés au-dessus de la porte, mais le truc de chimiste que je viens de vous bonnir en respectant l’orthographe.
Je pousse le bec-de-cane et je trouve en face de moi une sorte de héron frileux habillé en blanc.
— Mr Standley ? je demande en m’efforçant d’attraper un accent anglais carabiné.
— Yes, me répond cet honorable commerçant.
— Parlez-vous français ?
Toujours ma petite question que je promène comme une sébile sous le nez des naturels d’ici. Faut dire que le petit dico dont je me suis armé pour me permettre de déblayer les barricades du vocabulaire, en cas de nécessité absolue, est un peu sommaire.
— Un petit peu, dit le pharmago.
— À la bonne heure !