Je le regarde. Non, ça n’est pas à un héron qu’il ressemble, mais à un pélican, car il porte un goitre volumineux sous le menton.
— Pourrais-je parler à Mlle Auburtin ?
Il ouvre la bouche et j’aperçois des chicots noirs qui ne font pas honneur à sa profession de marchand de pâte dentifrice.
— Elle m’a quitté ! dit-il…
Je sursaute vachement.
— Quand ?
— Il y a quelque temps. Elle n’est pas venue travailler un matin, elle m’a téléphoné que sa tante de Londres était très malade et qu’elle devait se rendre à son chevet. Une fois à Londres, elle m’a écrit en me disant que sa tante allait un peu mieux mais que, dorénavant, elle demeurerait auprès d’elle. Elle s’excusait et me donnait sa démission…
— Voyez-vous ça…
Il me regarde avec surprise.
— Puis-je vous demander qui vous êtes ? demande le pélican frileux.