Himilcon, qui m’avait suivi, lui répondit dans la même langue :

« Nous sommes des marchands venus des pays lointains : nous voulons commercer.

— Ne venez-vous pas pour prendre nos troupeaux ? N’êtes-vous pas des Rasennæ ? cria l’autre.

— Non, non, reprit Himilcon. Nous sommes de l’orient ; nous sommes des Phéniciens. Venez près de la mer : nous vous ferons voir les belles choses que nous avons apportées. »

Les deux hommes retournèrent vers les leurs et parurent se consulter ensemble. Au bout d’un instant, ils revinrent.

« Voyez-vous ces deux arbres-là, à ma droite et à ma gauche ? nous cria l’un. Vous ne devez pas aller plus loin. »

“Vous ne devez pas aller plus loin.”

Là-dessus, l’homme s’avança jusque sur la ligne des deux arbres et d’un geste vigoureux piqua sa lance en terre.

« Vous ne devez pas franchir ma lance, dit-il, ou je la déterrerai, et nous serons ennemis ensemble.