« Gare à nous ! s’écria-t-il. Il y a des coups dans l’air ! »
Je criai au guide de se dépêcher de monter ; mais au moment où le matelot qui l’accompagnait allait le saisir par le bras, le sauvage se baissa vivement et se jeta sur lui. Le matelot roula par terre, le guide franchit en quelques bonds l’espace qui le séparait de la crête et disparut sous bois.
« Qu’est-ce que je disais ? fit Himilcon en tirant son coutelas. Nous y voilà ! Les sauvages éborgneurs vont se mettre à l’ouvrage. »
Comme il disait ces mots, j’entendis derrière nous la trompette de Jonas qui sonnait l’alarme dans l’épaisseur du bois, et en face de nous, sur la crête du ravin, s’éleva un concert de cris de guerre et de hurlements, aussitôt suivi d’une véritable avalanche de pierres. Un matelot tomba près de moi le crâne fendu, et tous les porteurs qui avaient débouché dans la clairière jetèrent leurs charges par terre et s’enfuirent dans toutes les directions.
Ces cris furent suivis d’une avalanche de pierres.
« Attention, et en ligne ! » cria Hannibal à ses hommes, en dégainant.
Et sautant bravement sur une pointe de rocher, au milieu des pierres qui arrivaient de toutes parts, il fit tournoyer son épée au-dessus de sa tête pour grouper ses guerriers.
Quelques matelots entourèrent les deux femmes, leur faisant un rempart de leurs corps. Chamaï, pâle de colère, courut se placer à côté d’Hannibal, l’épée au poing.
« Eh bien, me dit mélancoliquement Himilcon en ramassant un caillou gros comme les deux poings qui avait manqué de lui casser la jambe, eh bien, capitaine, voilà les amandes de Tarsis qui commencent à tomber ! »