« Mon roi est illustre, cria-t-il à plein gosier ; mon roi est Binlikhous, deuxième du nom !

— Pas si haut, pas si haut, dis-je vivement.

— Et quand ton Binlikhous, deuxième du nom, serait troisième ou quatrième, dit Bicri en lui serrant le cou pour le maintenir, je te saignerai ici, si tu recommences à te trémousser et à crier si fort.

— Est-ce ainsi qu’on traite l’illustre amiral Magon, ajouta Hannibal, et des guerriers comme Chamaï et moi ?

— J’ai voulu rire, j’ai voulu plaisanter, dit le Terrible. Fais lâcher prise à ton jeune homme. Je te jure, par mes dieux, que je ne vous ferai pas de mal. N’as-tu pas confiance en moi ?

— Pas tout à fait, répondis-je en souriant. Il y aurait un moyen plus simple de nous entendre.

— Et lequel ? dit le Balazou. Parle, grand capitaine ! Parle, homme vaillant !

— As-tu jamais vu de vrais vaisseaux phéniciens, incomparable Balazou, serviteur du roi Binlikhous deuxième ? lui demandai-je ; des vrais vaisseaux phéniciens faisant le voyage de Tarsis ?

— Où veux-tu en venir, homme marin ? me dit le Terrible.