« Tout le monde à son poste, mes enfants ! m’écriai-je gaiement. Le seigneur ici présent, général de l’armée du roi d’Assyrie, nous fait l’honneur de visiter nos navires.

— Et il distribue double ration de vin à l’équipage pour payer sa bienvenue, ajouta Himilcon.

— Vivent le roi d’Assyrie et son général ! » crièrent nos matelots.

Le Terrible se mit à rire, quoiqu’il fût un peu pâle.

« Tu as là de braves gens sous tes ordres, capitaine, me dit-il. Et vous autres, vous aurez votre double ration, et des moutons, et des bœufs, et un présent en plus ! »

Les matelots acclamèrent encore une fois notre hôte forcé. Hannibal le salua poliment, Chamaï haussa les épaules et Bicri dit, sans se gêner, à son petit ami Dionysos :

« Cet homme que tu vois ici est un ivrogne, un brutal, un couard et un fou. Il commande à cinquante mille autres, qu’il conduit à coups de fouet.

— Ce ne sont pas des Hellènes alors, répondit Dionysos, car les Hellènes sont des hommes libres, qui ne se laissent pas donner de coups de fouet, ni commander par des hommes pareils. »

Le Balazou se mordit les lèvres.