On nous fit arrêter et prosterner.
Une double haie de soldats formait une avenue depuis nous jusqu’à lui. Des officiers vinrent chercher nos lettres et nos présents, et les portèrent au roi. On nous emmena ensuite, après nous avoir fait prosterner encore une fois, et on nous reconduisit à nos vaisseaux. J’y gardai toujours le Balazou, malgré ses impatiences.
« Pourquoi ne me relâches-tu pas, à présent ? me disait-il.
— Parce que je ne suis pas prêt à appareiller, lui répondis-je. Et tu tiens assez à ta vie pour comprendre que je tienne un peu à la mienne. »
Une heure après, on m’apporta dans une cassette en or les lettres du roi pour la reine de Saba. Quelques esclaves et soldats portaient aussi, pour moi et mes gens, un assez maigre présent en vivres et en étoffes. Mes préparatifs étaient terminés : je n’avais plus rien à faire en ce lieu désagréable et dangereux.
« Allons, Balazou, dis-je à mon hôte involontaire, le moment est venu de nous séparer. J’espère que nous nous quitterons en bons amis. »
« J’espère que nous nous quitterons bons amis. »
Le Terrible respira, comme un homme qui sort d’une eau où il a failli se noyer.
« Je vois que tu es un homme de parole, dit-il.