Enfin, raisonnant par analogie, j’ai usé de la dissertation du colonel Yule sur les navires génois, pisans et vénitiens du treizième siècle (dans son édition de Marco Polo).

Le doublage en cuivre des navires, qui peut paraître un anachronisme, a parfaitement existé chez les anciens Phéniciens. On en trouvera mention dans Végèce, De re militari, IV, 34 ; dans Athénée, V, 40. C’est même à Melkarth, l’Hercule tyrien, que la légende antique attribue cette invention : Hercules... nave ænea navigavit... habuit navem ære munitam. (Servius.)

L’indication des autres matériaux se trouve tout au long dans la prophétie d’Ézéchiel.

En dehors du type du gaoul, je donne le navire rapide, la barque, et le vaisseau long, vaisseau de guerre à cinquante rames.

Sans entrer dans des détails déplacés, je me bornerai à dire, pour le premier, que les Grecs l’appelaient hippos, « cheval, » soit à cause de sa rapidité, soit à cause de la tête de cheval qu’il portait à l’avant : « Les petits navires de Gadès s’appellent chevaux, à cause de l’image qu’ils ont à la proue (Strabon) » J’ai baptisé du nom de gaditan ce navire caractéristique de la colonie phénicienne de Gadès. Plusieurs monnaies phéniciennes de la côte d’Afrique portent pour empreinte la tête de cheval, et la légende de la tête de cheval trouvée dans les fondations de Carthage a peut-être pour origine l’ornement de proue national des navires rapides phéniciens.

La [barque] a un nom tout phénicien. Barek (en hébreu) signifie « courber », plier un objet tel qu’une planche. Barca est quæ cuncta navis commercia ad littus portat. (Isidore, Origines.) En berber moderne, une barque s’appelle ibarko.

Le vrai vaisseau sidonien est la galère à cinquante rames, la pentécontore : pentecontoron sidonian (Euripide, Hélène, 1412). Comment manœuvrait-on avec cinquante avirons un bateau long qui portait jusqu’à quatre cents hommes ? quel était le tonnage d’un de ces bateaux ? Je n’ai aucune donnée positive là-dessus, et je répète que je n’ai pas l’intention de faire ici des dissertations. Si l’on veut une analogie, on la trouvera dans les grosses jonques chinoises que l’Arabe Ibn Batouta a vues au quatorzième siècle, qui portaient six cents hommes et qui étaient manœuvrées par cinquante et même soixante avirons gigantesques, chaque aviron étant manié par huit hommes, à l’aide de deux cordes placées des deux côtés. Celles qu’a vues Marco Polo avaient quatre hommes par rame. Il est possible que les Phéniciens se soient servis d’un système de ce genre.

La description que je donne des navires de parade n’a rien d’imaginaire. On peut voir de ces navires figurés dans le recueil de Wilkinson. (t. III). Du reste, les auteurs anciens, depuis Hérodote jusqu’à Plutarque, sont remplis de détails là-dessus. Dans Hérodote, le navire sidonien où Xercès se place pour passer la revue de sa flotte est décoré d’une tente en or, c’est-à-dire en étoffes babyloniennes brochées d’or.

Chapitre II.

La [tiare fleurdelisée] peut se voir dans l’ouvrage de Botta, planches de la fin, aux détails de costume et d’armement.