— Et les deux femmes ? dit vivement Bodmilcar.

— Oh ! les deux femmes, je verrai à les installer à terre. Cela me regarde, et ne t’en inquiète pas.

— C’est bien, répondit Bodmilcar. Et quand pars-tu ?

— Tout de suite. Ainsi, au revoir. »

Je descendis aussitôt dans la barque, en compagnie d’Hannibal, d’Hannon, de mon esclave et de deux matelots portant notre bagage. Quand Hannon passa devant Bodmilcar, celui-ci cracha, en le regardant d’un air haineux. Hannon leva les épaules.

Je fis descendre ensuite devant moi l’eunuque et les deux femmes dans l’autre barque et je donnai ordre à deux matelots de porter à terre ce que l’eunuque demanderait. Celui-ci voulut s’attarder, pour rassembler le bagage.

« Non, non, lui dis-je. Les matelots reviendront le chercher tout à l’heure. Ils le trouveront bien tout seuls, sois tranquille. Allons, nage ! » criai-je aux rameurs.

Les deux barques filèrent vers la côte. Bodmilcar, debout sur le couronnement de la poupe, nous suivait des yeux d’un air sombre.

« A bientôt ! cria Himilcon, debout à côté de lui.

— A bientôt, vieux pilote ! » lui répondîmes-nous.