— Eh bien, dis-je, nous logerons les deux femmes, soit dans la tour, soit dans la maison de Bicri ; Barzillaï et ses hommes d’armes les garderont et Milca leur tiendra compagnie.
— Abigaïl ne vient donc pas à Jérusalem avec nous ? s’écria Chamaï.
— Non. Je tiens à ce qu’elle reste ici, avec la dame ionienne. Tu as tout loisir de lui faire tes adieux ce matin.
— Du moment que c’est l’ordre, dit Chamaï, il faut obéir. Et que devra faire Barzillaï en notre absence ?
— Empêcher qui que ce soit de voir la dame ionienne, soit par ruse, soit par force, à l’exception de cet eunuque ici.
— C’est bon, dit Barzillaï en frappant sur la garde de son épée. J’ai compris.
— Et moi, dit l’eunuque, où logerai-je ?
— Où tu voudras, lui répondis-je. Dans la maison de Bicri, s’il veut.
— Un Syrien de Tsoba dans ma maison ! dit Bicri ; non, non, s’il te plaît, seigneur amiral.
— Et pourquoi donc ? glapit l’eunuque. Est-ce qu’un Syrien de Tsoba ne vaut pas les gens de ta nation ?