Hira nous attendait à la porte et nous fit monter, par un escalier en vis, dans une salle carrée et bien éclairée. Au fond de cette salle est une estrade de bois de cèdre à laquelle on monte par trois degrés. Les murs sont tendus d’étoffes où l’on voit représentés des fleurs et des oiseaux. Sur l’estrade est une peau de lion, aux pieds du trône du roi, lequel est en bois de santal, sans peintures ni dorures. A côté du trône était Joab, général de l’armée, revêtu de sa cuirasse et coiffé de son casque ; et derrière le trône on voyait la lance du roi appuyée contre le mur, et son écuyer, debout, portant l’épée du roi dans sa main. Sur les degrés de l’estrade étaient plusieurs officiers du palais et quatre hommes vaillants debout, l’épée nue à la main.
Le roi lui-même était assis sur son trône, très-simplement vêtu. C’était un homme âgé, de stature moyenne et de corpulence maigre ; mais malgré son âge on voyait qu’il était encore leste et vigoureux. Sa barbe était toute blanche, sans frisure, et ses cheveux nattés comme ceux des autres. Il ne porte ni bandeau ni couronne. A ses bras il n’a pas de bracelets ; au lieu de patins élevés, comme les autres rois, il a aux pieds des sandales de montagnard et pas d’anneaux aux orteils. Sa tunique est blanche, bordée d’hyacinthe et sans broderie. C’est un roi sans pompe et vêtu comme les gens du commun ; mais à ses yeux gris bleu, à son regard clair et perçant, on voit bien qu’il est le roi.
Mes gens se rangèrent sur une seule ligne et, m’avançant devant eux jusqu’au pied de l’estrade, je me prosternai. Puis je me tins debout, les mains croisées.
Je me tins debout, les mains croisées.
« Magon le Sidonien, dit le roi.
— Me voici, répondis-je.
— Sois le bienvenu, As-tu voyagé en paix ?
— J’ai voyagé en paix.