— Tes demandes sont justes, dit le roi. Joab choisira quarante hommes bien armés pour les mettre sous les ordres de Chamaï et d’Hannibal, et tu les commanderas par-dessus eux. Mon trésorier te délivrera de l’argent pour leur solde, suivant l’état que tu en feras. Hira te conduira dans mes magasins, où tu prendras les vivres qui te seront nécessaires, et il rassemblera aussi des hommes et des ânes pour porter les provisions jusqu’à tes navires. Et tout ce qu’il te faudra encore, demande-le-moi, je te le donnerai. »
Je me prosternai devant le roi pour le remercier, puis je lui offris mon présent, qu’il trouva fort beau.
Il se fit expliquer par moi l’origine de chaque objet ; puis s’étant levé, il nous ordonna de le suivre dans une salle voisine, où l’on avait préparé du vin et des coupes. On lui apporta son trône et il voulut boire dans la coupe dont je lui avais fait don.
Il me questionna beaucoup sur mes voyages et sur les pays lointains et fut content de mes réponses. Il me demanda aussi si dans les pays de l’ouest on trouvait des paons et des singes. Je lui répondis que ces animaux venaient d’Ophir et qu’à mon retour je ferais, s’il le voulait, un voyage dans cette direction.
« Tu es un homme hardi, me dit-il, de songer à de nouveaux voyages au moment où tu entreprends celui-ci. J’aime les hommes hardis, et je loue Hiram de t’avoir envoyé à mon service. Je veux te faire voir présentement l’emplacement du temple que je veux construire à mon Dieu. »
Nous sortîmes du palais, le roi marchant d’un pas aussi alerte qu’un jeune homme. Il nous conduisit sur une colline voisine du palais, où se trouvait une aire à battre le blé. On appelle cette colline le mont Moriah.
« J’ai acheté cette aire et deux bœufs, nous dit le roi, à Arauna le Jébusien, pour cinquante sicles d’argent. C’est un lieu élevé, propre à bâtir un temple et un fort.
— J’ai entendu, dit Hannon, que le roi prenait plus de forts qu’il n’en bâtissait et que son épée était la véritable forteresse de son peuple.
— Tu es un flatteur, scribe, répondit le roi en souriant. Mais je pense que des poitrines vaillantes défendent mieux un pays que des tas de pierres : c’est la vérité.