Il y a entre ces deux verbes une différence de signification qui ne paraît pas être connue de tout le monde. Le premier ne doit s’employer qu’au figuré: Vous avez accourci votre chemin en passant par là. Le second ne doit s’employer qu’au propre: Raccourcissez ma canne. Dans le premier cas il s’agit d’une opération à laquelle notre main ne peut avoir aucune part; dans le second au contraire d’une opération où elle intervient.


ACCULER.

Locut. vic.Vous acculez toujours vos souliers.
Locut. corr.Vous éculez toujours vos souliers.

Dans les premières éditions de son Dictionnaire, l’Académie tolérait l’expression d’acculer des souliers, mais la docte compagnie ne permet plus que le verbe éculer dans ce sens. C’est qu’elle a suivi le progrès de la langue. On lit dans Rabelais: Tousiours se veaultroyt par les fanges, se mascaroyt le nez, se chauffourroyt le visaige, acculoyt des souliers, etc.

(Gargantua, chap. XI.)

Acculer n’est plus en usage aujourd’hui que pour signifier pousser dans un lieu où l’on ne peut reculer. Cet homme, acculé contre un mur, blessa deux des brigands qui l’attaquaient. En parlant d’une chaussure dont le quartier de derrière a été abattu par le talon et foulé en marchant, c’est éculer qu’il faut employer.


ACHETER.

Pronon. vic.Il a ageté une maison.
Pronon. corr.Il a acheté une maison.