Débine appartient au patois de Paris, qui l’aura conquis probablement sur l’argot. Il est de si mauvais goût que toute personne qui a un peu d’usage ne s’en sert jamais, et que les dictionnaires les moins difficiles sur le choix des mots qu’ils recueillent, en ont instinctivement fait dédain.

Le principal tort du mot débine est de ne rien signifier de plus que d’autres mots que nous avons déjà, et ce tort-là est infiniment sérieux en grammaire.


DÉCESSER.

Locut. vic.Il ne décesse de parler.
Locut. corr.Il ne cesse de parler.

On remarquera que si ce mot était français, il y aurait un pléonasme dans l’emploi qu’on en fait ordinairement; car décesser, signifiant ne pas cesser, il s’ensuivrait que, dans la phrase d’exemple que nous avons citée, il se trouverait réellement deux négations. La syllabe prépositive qui en vaut une est donc tout-à-fait inutile. Il faut la supprimer et dire tout simplement: il ne cesse de parler. Cette dernière locution a certainement autant de force que la première.

DÉCOMMANDER.


Ce verbe est généralement regardé comme un barbarisme. Peut-être y a-t-il un peu trop de sévérité dans cette opinion. Décommander, contraire de commander, nous semble régulièrement formé, et nous ne pensons pas qu’il puisse être remplacé par contremander.

Décommander se trouve déjà dans quelques dictionnaires; ceux de M. Raymond et des quatre professeurs entr’autres. C’est toujours une recommandation.