FATIGUER.
| Locut. vic. | Cet homme fatigue beaucoup. |
| Locut. corr. | Cet homme se fatigue beaucoup. |
L’Académie et plusieurs grammairiens distingués approuvent l’emploi de fatiguer, comme verbe neutre, avec un nom de personne pour sujet. L’usage est contraire à cette manière de parler, et, à quelques exceptions près, on ne trouve, dans nos bons auteurs, le verbe fatiguer employé, en parlant des personnes, que comme verbe actif. Le neutre est réservé pour les choses. C’est une richesse de notre langue qui nous permet de comprendre, lorsqu’on dit elle fatigue beaucoup, qu’il est question d’une chose, d’une poutre par exemple, et non d’une femme, parce qu’il aurait fallu dire, dans ce dernier cas, elle se fatigue beaucoup. Notre langue ne doit pas dédaigner ses richesses; on ne l’a jamais accusée d’en avoir trop.
FAUTE.
| Locut. vic. | Ce n’est qu’une faute d’inattention. |
| Locut. corr. | Ce n’est qu’une faute d’attention. |
Une faute d’attention est une faute commise par l’attention, c’est-à-dire une inattention; mais si vous dites: vous avez fait une faute d’inattention, c’est comme si vous disiez: votre inattention a fait une faute, ou, en d’autres termes, vous avez eu de l’attention. Or, ce n’est pas là ce qu’on veut exprimer; cette manière de parler est donc défectueuse.
FER A CHEVAL, FER DE CHEVAL.
| Locut. vic. | | Ce fer à cheval est mal forgé. |
| La table était faite en fer de cheval. |
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| Locut. corr. | | Ce fer de cheval est mal forgé. |
| La table était faite en fer à cheval. |