La distinction que nous venons d’établir nous paraît bien minutieuse, et il ne faut rien moins que l’autorité du Dictionnaire de l’Académie pour nous engager à appuyer cette ridicule fantaisie de puriste. Conçoit-on qu’on doive dire qu’une table qui a la forme d’un fer de cheval est faite en fer à cheval? ne vaudrait-il pas mieux dire, comme le veut l’usage, un fer à cheval, au propre et au figuré?
FERMER.
| Locut. vic. | Pourquoi nous a-t-on fermés dans cette chambre? |
| Locut. corr. | Pourquoi nous a-t-on enfermés dans cette chambre? |
«Fermer pour enfermer est un gasconisme. Fermez vos livres dans cette armoire; et aussi se fermer pour s’enfermer; se fermer dans sa chambre, dans un cloître.» (Desgrouais, Gasc. corr.)
FÊTE DE DIEU.
| Locut. vic. | Le jour de la fête de Dieu. |
| Locut. corr. | Le jour de la Fête-Dieu. |
L’expression de Fête-Dieu est fort ancienne. A l’époque où elle prit naissance, l’usage permettait de joindre deux mots, dont l’un était en génitif, sans que ce rapport fût marqué par la préposition de. Plusieurs expressions, que nous avons encore, ont été formées de cette manière, telles que Hôtel-Dieu, Apport-Paris, etc. Le génie de notre langue s’est modifié depuis, mais nous avons conservé ces vieux mots, débris du moyen âge, qui ne sont plus pour nous, après tout, que de véritables anomalies, et contre lesquels il n’est pas étonnant que le bon sens populaire proteste quelquefois.