Prononcez fi partout ailleurs que devant un mot commençant par une voyelle. Dites un fi reconnaissant et un fi zingrat.


FIXER.

Locut. vic.Vous le fixez assez long-temps pour le reconnaître.
Locut. corr.Vous le regardez assez long-temps pour le reconnaître.

Si ce verbe, dans le sens de regarder fixement, n’est pas reçu dans la langue, ce n’est cependant pas un de ces mots que frappe une réprobation universelle. Les grammairiens n’en veulent pas, il est vrai, mais en revanche il compte dans la littérature quelques protecteurs, au nombre desquels nous citerons Crébillon fils, Fréron, madame de Genlis, Delille, etc. M. Charles Nodier, qui assure que cent autres auteurs s’en sont servis, a voulu aussi prêter son patronage à ce verbe que l’Académie a toujours repoussé jusqu’à présent, et qui ne nous paraît réellement pas avoir des droits suffisans pour être admis dans la langue. Et cependant, comme le dit M. Ch. Nodier, il est certain que cette acception nouvelle du verbe fixer ne manque pas d’énergie.

Voltaire dit à ce sujet (Quest. Encyclop.): «Quelques Gascons hasardèrent de dire: j’ai fixé cette dame, pour je l’ai regardée fixement, j’ai fixé mes yeux sur elle. De là est venue la mode de dire fixer une personne. Alors vous ne savez point si on entend par ce mot: j’ai rendu cette personne moins volage, ou je l’ai observée, j’ai fixé mes regards sur elle. Voilà une nouvelle source d’équivoques;» et voilà pourquoi, ajouterons-nous, il est nécessaire de bannir cette expression.


FLAMME.

Ce mot, comme celui de feu, dans le sens d’amour, est devenu si trivial, qu’on ne l’entend guère maintenant sans éprouver quelque envie de rire. Comment se fait-il que nos poètes modernes s’en servent encore si souvent?

C’est donc toi qui, brûlant d’une flamme insolente.