FORT.
| Locut. vic. | Cette femme se fait forte d’obtenir sa grâce. | |
| C’est un fort homme. | ||
| Locut. corr. | Cette femme se fait fort d’obtenir sa grâce. | |
| C’est un homme fort. | ||
—Dans le verbe composé se faire fort, fort doit rester invariable parce que c’est un adverbe.
—Fort, adjectif ne doit pas se placer devant le substantif homme, car il faudrait alors ou prononcer le t, ce qui serait fort désagréable à l’oreille et ferait croire qu’il est question d’un fort volume (fort tome) ou ne pas le prononcer, et dire en ce cas for homme, ce qui ferait penser au forum des Romains. Le mieux est donc de placer homme avant fort.
FORT DE.
| Locut. vic. | Fort de son droit, il a intenté le procès. |
| Locut. corr. | Sûr de son droit, il a intenté le procès. |
Voici une expression fort en vogue aujourd’hui, mais si l’on en croit quelques critiques, dont nous partageons au reste le sentiment, il vaudrait beaucoup mieux ne pas s’en servir. M. Laveaux, (Dict. des diff.) tolère l’emploi de fort de dans la conversation seulement, et M. Ch. Nodier (Examen crit. des Dict.), le traite de «locution emphatique qui a passé du néologisme du barreau au néologisme des brochures, des journaux et de la tribune. Notre temps, ajoute-t-il, est celui des discours forts de choses, et il n’est personne entre nous qui n’ait eu le bonheur d’entendre quelque part des avocats forts de la vérité de leurs moyens, et des orateurs forts de la pureté de leur conscience. Ce style n’est pas fort.»
Cent ans avant M. Nodier, l’abbé Desfontaines avait aussi signalé cette expression comme un néologisme, et en citant ces deux phrases: voilà qui est fort de café, cette liqueur est forte d’eau-de-vie, il avait ajouté ironiquement: On peut dire que le style de cet auteur est fort d’esprit.