GUEUX, MISÉRABLE.

Locut. vic.Il a agi comme un gueux, comme un misérable.
Locut. corr.Il a agi comme un vaurien.

«Au sens propre, ces adjectifs se disent d’un homme très-pauvre; au sens figuré d’un scélérat. Il paraît que cette extension est de la langue des riches, et non pas de celle de l’humanité. Chez les anciens, res sacra erat miser. Chez nous, pour marquer qu’un homme est à fuir, on dit qu’il est malheureux.» (Ch. Nodier.) Nous ferons remarquer, après ce blâme sévère et mérité de l’acception plus qu’inconvenante donnée par certaines gens aux mots gueux et misérable, qu’il ne faut jamais les employer que dans le sens de pauvre, lequel est certainement le seul qu’ait eu en vue notre immortel Béranger dans sa jolie chanson des Gueux. N’est-ce pas en effet assez de laisser tomber son dédain sur les malheureux, sans leur jeter encore des injures? Honneur au grammairien philosophe qui a si bien flétri deux mauvaises expressions que repoussent également et la langue et la morale.


GUIANE, GUIENNE.

Prononc. vic.La Gü-i-iane, la Gü-i-ienne.
Prononc. corr.La Ghi-ane, la Ghi-enne.

GUIGNONANT.

Locut. vic.C’est vraiment guignonant.
Locut. corr.C’est vraiment malheureux.