JANVIER.
| Locut. vic. | Le trois de janvier. |
| Locut. corr. | Le trois janvier. |
A quoi sert la préposition de dans cette locution: le trois de janvier, approuvée par l’Académie et quelques grammairiens? Cette locution, dira-t-on, est elliptique; la construction pleine est: le trois (ou plutôt le troisième jour du mois) de janvier. Mais dès qu’on supprime tant de mots dans cette locution, qui peut empêcher d’en supprimer un de plus? Le trois janvier sera toujours, si l’on veut, une expression elliptique, mais plus courte, non moins claire, et surtout plus conforme à l’usage bien constaté de nos bons écrivains modernes. De, enfin, est un mot inutile; et tout mot inutile est une faute en grammaire. Laveaux (Dict. des Diff., art. Mois) est aussi d’avis qu’on doit dire le trois janvier ou le troisième jour de janvier.
«Les noms de mois, précédés des noms de nombres cardinaux, s’emploient sans préposition: le trois janvier, le six mai, le quinze avril; mais avec des noms de nombres ordinaux, la préposition de doit les précéder: le troisième jour de janvier, le sixième de mai ou du mois de mai, etc. La première manière est plus du style familier; la seconde du style relevé.» (Féraud, Dict. crit.)
On trouve dans J. J. Rousseau le quatorze de mars (Trad. de Tacite, liv. I), le treizième d’octobre (Trad. de l’Apocolokintosis), et enfin le treize octobre (Ibid.). Voilà des autorités pour tous les goûts, si des contradictions peuvent rien autoriser.
JEU D’EAU.
| Locut. vic. | Ce jeu d’eau est très-beau. |
| Locut. corr. | Ce jet d’eau est très-beau. |
Un jet d’eau est certainement un jeu; mais ce n’est pas ce qu’on a considéré dans la formation de ce mot; on n’y a vu que le jet de l’eau.