JEUNESSE.
| Locut. vic. | Il a épousé une jeunesse. |
| Locut. corr. | Il a épousé une jeune personne. |
L’extension de signification donnée au mot jeunesse, dans notre phrase d’exemple, ne méritait pas, selon nous, d’être accueillie dans un dictionnaire. Les éditeurs de celui de Rivarol ont pensé différemment. Il est certain que cette nouvelle acception peut donner lieu à des équivoques. Dans cette phrase: il avait chez lui une jeunesse que je n’avais jamais vue, comment saurez-vous s’il est question d’un certain nombre de jeunes gens ou seulement d’une jeune fille? Donnons le moins possible aux mots, dans l’intérêt de la clarté du langage, des sens détournés; et comme jeunesse en a déjà un dans sa valeur de jeunes gens, de grâce, tenons-nous-en là.
JOINT (CI-).
| Locut. vic. | Je vous envoie ci-joint ma procuration. | |
| Je vous envoie ci-jointe procurat. pour toucher. | ||
| Locut. corr. | Je vous envoie ci-jointe ma procuration. | |
| Je vous envoie ci-joint procurat. pour toucher. | ||
«L’usage veut qu’on écrive: vous trouverez ci-joint copie de ce que vous me demandez; et vous trouverez ci-jointe la copie de ce que vous me demandez. Joint, placé devant un nom dont le sens est vague, comme copie, une copie, etc., paraît s’accorder avec ceci sous-entendu. Mais quand l’énonciation est précise, comme la copie, ma promesse, etc., l’esprit plus attentif voit mieux le rapport qui est entre joint et le nom, et l’accord a lieu. Le vague de l’énonciation n’empêche pas d’écrire une copie de ma lettre, une promesse de mariage est ci-jointe. Joint, placé après un nom, quel qu’il soit, se rapporte nécessairement à ce nom, et doit en adopter le genre et les inflexions.» (Laveaux, Dict. des diff.)