NENTILLE.
| Locut. vic. | Il mangea un peu de nentilles. |
| Locut. corr. | Il mangea un peu de lentilles. |
C’est maintenant une faute si grossière de dire nentille pour lentille, que, malgré la mention accordée à ce mot par le Dictionnaire de Trévoux, nous n’aurions pas daigné nous y arrêter, sans le rapprochement assez curieux qu’il nous a donné lieu de faire entre le français du 17e siècle et celui de nos jours.
Du temps de Ménage, celui qui aurait dit des lentilles eût passé pour un provincial ignorant. Il fallait prononcer nentilles pour être réputé homme de cour. Il ne convenait aussi qu’aux rustres de cette époque de dire: un canif, de la cassonade, un fusilier, un chirurgien, une tabatière, etc., au lieu d’un ganif, de la castonade, un fuselier, un cirurgien, une tabakière, etc. Les gens du bel air d’autrefois courraient grand risque, comme on le voit, de passer aujourd’hui pour des rustres.
Lentille vient de lenticula, diminutif de lens.
NETTAYER.
| Pronon. vic. | On a nettayé l’appartement. |
| Pronon. corr. | On a nettoyé l’appartement. |
Les anciens grammairiens voulaient qu’on écrivît et qu’on prononçât nettéier. Les grammairiens modernes veulent qu’on écrive et qu’on prononce nettoyer.