PAS PLUS.
| Locut. vic. | Je crois que votre ami, pas plus que le mien, ne veulent faire ce marché. |
| Locut. corr. | Je crois que votre ami, pas plus que le mien, ne veut faire ce marché. |
Il y a évidemment ici deux personnes qui ne veulent pas faire un marché, votre ami et le mien, et cependant le verbe vouloir doit être au singulier. Pourquoi? parce qu’il n’est pas question d’un accord logique, mais bien d’un accord purement grammatical, auquel une légère inversion de mots ne peut nullement porter obstacle. La construction directe de notre phrase d’exemple étant celle-ci: je crois que votre ami ne veut pas, plus que le mien, faire ce marché, on voit combien il serait ridicule d’employer le verbe au pluriel.
PASSAGER.
| Locut. vic. | Cette rue est passagère. |
| Locut. corr. | Cette rue est fréquentée. |
La gloire est passagère, les hirondelles sont passagères, parce que la gloire et les hirondelles passent et nous quittent. Mais en est-il de même d’une rue, d’une route? Non, certes; et l’on doit conséquemment se garder de dire: une rue passagère, une route passagère. Nos grammairiens modernes sont convenus de se servir de l’adjectif passant dans ce sens; quant à nous qui ne voyons pas quelle analogie il peut exister entre une rue passante et un individu passant, c’est-à-dire entre une chose inerte et un être mouvant, nous aimons mieux dire une rue fréquentée qu’une rue passante.