«Bien des personnes disent un petit peu: donnez-m’en un petit peu; je n’en veux qu’un petit peu. Mais cette manière de s’exprimer n’est point du tout du bon usage; on doit dire: donnez-m’en un peu; je n’en veux qu’un peu.» (Chapsal, Nouv. Dict. gramm.)
«Le mot petit avant peu est vicieux ou au moins inutile; en effet, peu signifiant une petite quantité, dit alors tout ce qu’on veut dire.» (Girault-Duvivier, Gramm. des gramm.)
PEU (UN).
| Locut. vic. | Laissez-moi un peu passer. |
| Locut. corr. | Laissez-moi passer. |
«Le peuple se sert de un peu, comme d’une particule explétive: laissez-moi un peu passer. Cet un peu est de trop, et même il est ridicule.» (Féraud, Dict. crit.)
PEUPLE.
| Locut. vic. | Quel bois emploierez-vous? du peuple. |
| Locut. corr. | Quel bois emploierez-vous? du peuplier. |
On fait aux environs de Paris un usage très fréquent de peuple pour peuplier. Ce dernier mot doit seul être employé quand on veut parler correctement. Peuple est un archaïsme dont nous pouvons fort bien nous passer. «Il pousse (sur le peuplier noir) au commencement du printemps, des boutons gros comme des câpres, pointus, pleins d’un suc jaune, glutineux, odorant; on les appelle yeux de peuple, en latin oculi ou gemmæ populi nigræ.» (Dict. de Trévoux.) Aujourd’hui on donne plus communément à ces boutons le nom d’yeux de peuplier, et l’on conviendra que c’est avec raison, si l’on veut bien reconnaître que peuplier vaut mieux que peuple pour désigner un arbre; puisque peuple a déjà une autre signification.