Locut. vic.J’ai un pied droit dans la poche.
Locut. corr.J’ai un pied de roi dans la poche.

Un pied droit signifie, en architecture, le trumeau ou jambage d’une porte ou d’une fenêtre. C’est donc une chose qu’on ne peut pas mettre dans sa poche.

Un pied de roi est une mesure géométrique contenant douze pouces de long.


PIERRE.

Orthog. vic.Le festin de Pierre.
Orthog. corr.Le festin de pierre.

C’est une chose assez étrange que, dans le titre de ce drame si connu, on écrive constamment par une majuscule un nom commun, comme si c’était un nom propre. Comment se fait-il que cette mauvaise orthographe se soit maintenue si long-temps, quand il est bien notoire que dans la pièce en question le nom de Pierre ne se trouve pas une seule fois prononcé, et que le titre ne se rapporte absolument qu’à la statue de pierre du commandeur? On a dit le festin de pierre comme on aurait pu dire le festin de marbre; et l’on conviendra, malgré tout le respect dû au nom de Molière, que ce titre est fort mauvais. Qu’est-ce qu’un festin de pierre, si ce n’est un festin où l’on mange de la pierre. La pièce espagnole à laquelle Molière a emprunté le sujet de la sienne, avait au moins un intitulé raisonnable: El Combidado de Piedra, c’est-à-dire le convive en pierre. Pourquoi Molière a-t-il traduit Combidado par festin?

Un de ses éditeurs modernes, effrayé sans doute du tort immense que pouvait lui faire la faute qu’on lui reproche, a cherché à en atténuer l’énormité en disant que le commandeur se nommait Pierre. C’est là une particularité qu’il est permis de révoquer en doute, par la raison que Molière n’en fait aucune mention, et nous sommes persuadé que si notre grand comique avait eu en vue, dans l’intitulé de sa pièce, le nom propre Pierre, il eût certainement placé devant ce nom le titre d’honneur don, qu’il place toujours devant celui de Juan, et dont un personnage du rang de commandeur ne devait probablement pas être dépourvu. Admirons les grands écrivains, mais n’allons pas follement les croire à l’abri de la plus légère erreur, parce que cela n’est pas, et ne peut pas être.


PINCER.