PLUS.

Locut. vic.Vous perdez cent francs; je perds bien plus.
Locut. corr.Vous perdez cent fr.; je perds bien davantage.

«Plus est un mot comparatif, après lequel vient naturellement un que ou un de; davantage est un adverbe qui, placé après le verbe qu’il modifie, ne peut jamais modifier un adjectif, et dès-lors avoir un de ou un que à sa suite.

«On dira donc: la langue paraît s’altérer tous les jours, mais le style se corrompt bien davantage.» (Voltaire.)

«Il est attaché à la nature qu’à mesure que nous sommes heureux, nous voulons l’être davantage.» (Montesquieu, Arsace et Isménie. Girault-Duvivier, Gramm. des gramm.)


PLUS D’A MOITIÉ.

Locut. vic.Sa fortune est plus d’à moitié faite.
Locut. corr.Sa fortune est plus qu’à moitié faite.

Doit-on dire plus d’à moitié ou plus qu’à moitié? Cela dépend de l’estime qu’on peut avoir pour la justesse ou pour l’élégance du langage. Ceux qui savent apprécier la première de ces qualités préféreront certainement la conjonction que; ceux qui sacrifient tout à l’élégance emploieront la préposition de. Ces derniers, avouons-le, auront même l’usage pour eux; car il est à peu près certain que nos bons auteurs ont préféré plus d’à demi, plus d’à moitié à plus qu’à demi, plus qu’à moitié, puisque l’on ne cite guère, en faveur de cette dernière construction, que ce vers de Racan:

La course de nos jours est plus qu’à demi faite.