Mais qui ne sait que les meilleurs écrivains ont souvent la faiblesse de sacrifier la pureté de la langue à une futile considération d’euphonie. Aussi, ne balançons-nous jamais dans les questions encore pendantes, comme celle-ci, par exemple, à prendre parti contre eux pour la raison, et à nous insurger contre le fait en faveur du droit.

Comment vous direz qu’une chose est plus que faite (grâce pour l’hyperbole), et si cette chose est à moitié faite et quelque peu de plus, vous ne pourrez pas dire qu’elle est plus qu’à moitié faite? Mais ôtez ces mots à moitié, et il vous restera plus que faite. Or, avec l’autre construction plus d’à moitié faite, supposez que la chose vienne à se parfaire, avec quelque chose même au-delà, et que vous vouliez conséquemment ôter le modificatif à moitié devenu inutile, comment ferez-vous pour y trouver le membre de phrase plus que faite, qui a dû cependant rester indépendant de tout modificatif? Comment ferez-vous pour expliquer la métamorphose du que en de? Il n’y a, comme nous l’avons dit plus haut, que la raison de l’euphonie qui puisse être invoquée ici, et cette raison est tout-à-fait absurde dans le cas présent. Nous pensons donc qu’on doit dire: plus qu’à demi, plus qu’aux deux tiers, plus qu’aux trois quarts, etc.


PLUS D’UN.

Locut. vic.Plus d’un témoin déposèrent en sa faveur.
Locut. corr.Plus d’un témoin déposa en sa faveur.

Le verbe qui suit l’expression plus d’un doit être mis au singulier. L’accord a lieu avec le mot et non avec le sens.

Plus d’une Hélène au beau plumage

Fut le prix du vainqueur.....

(La Fontaine, liv. VII, f. 13.)

Plus d’une Pénélope honora son pays.