Entendre la raillerie, c’est connaître l’art de railler. Entendre raillerie, c’est ne point se fâcher de la raillerie. Comme un petit article de plus ou de moins donne cependant une physionomie toute différente à une phrase! C’est là une de ces nombreuses délicatesses dans lesquelles se complaît notre langue.


RAISINS.

Locut. vic.Voulez-vous manger un raisin, des raisins?
Locut. corr.Voulez-vous manger du raisin?

On ne dit pas des raisins, parce qu’on ne peut pas dire: un raisin, deux raisins, trois raisins, etc. On dit: un grain ou une grappe de raisin, deux grains ou deux grappes de raisin, etc.

Un raisin serait trop vague, puisqu’on ne saurait pas si l’on parle d’un grain ou d’une grappe, et l’expression des raisins est au moins inutile, puisqu’elle ne signifie rien de plus que du raisin. Nous croyons donc que La Fontaine a fait une faute dans les vers suivans:

Certain renard. . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . vit au haut d’une treille

Des raisins, mûrs apparemment,

Et couverts d’une peau vermeille.