REMETTRE.

Locut. vic.Je ne vous remets pas, Madame.
Locut. corr.Je ne vous reconnais pas, Madame.

Me remettez-vous? pour dire: me reconnaissez-vous? vous souvenez-vous de moi? est, selon l’Académie, d’accord sur ce point avec nos meilleurs grammairiens, une phrase vicieuse. On se remet quelque chose, mais non quelqu’un: Ne vous remettez-vous point son visage? Je ne saurais me remettre son nom. Comme il y a ellipse dans ces phrases, c’est comme si l’on disait: Ne vous remettez-vous point (en mémoire) son visage? Je ne saurais me remettre (en mémoire) son nom. Mais dans ces autres phrases: me remettez-vous? le remettez-vous? la construction pleine serait: me remettez-vous en mémoire? le remettez-vous en mémoire? et comme il y aurait ici équivoque, il s’ensuit que l’on doit éviter ces manières de parler qu’il est si facile d’ailleurs de remplacer par des équivalens.

Quoi! monsieur ne me remet pas? (M. Scribe, le Gastronome, sc. 5.)

Il fallait: Quoi! monsieur ne me reconnaît pas?


RÉMOLADE.

Locut. vic.Mangez de cette rémolade.
Locut. corr.Mangez de cette rémoulade.

Une rémoulade est une espèce de sauce piquante, faite avec de la moutarde, de l’ail, des ciboules, et autres ingrédiens hachés si menu qu’ils paraissent avoir été moulus.

L’usage est d’accord avec cette étymologie, que nous trouvons dans M. de Roquefort (Dict. étym.); et l’Académie reconnaît aussi rémoulade, puisqu’elle l’a placé dans son Dictionnaire, non comme chef d’article, il est vrai, mais en seconde ligne. Comment se fait-il donc que plusieurs grammairiens aient préféré rémolade? Ne serait-ce point parce qu’il est plus étrange?