L’abbé Prévost (Hist. d’Angl.), Voltaire, Delille, Fontanes, ont fait le mot sentinelle masculin; nous nous plaisons à croire qu’un temps viendra où ce mot, dont l’application est si exclusivement masculine, reprendra son genre naturel. Un nom de soldat du genre féminin! Cela n’a-t-il pas l’air, en vérité, d’une ironie, surtout quand on sait que ce mot nous vient de l’italien, et qu’il s’est primitivement dit des soldats du pape!


SEPTANTE.

«Septante n’est français qu’en un certain lieu où il est consacré, qui est quand on dit la traduction des septante, ou les septante interprètes, ou simplement les septante, qui n’est qu’une même chose. Hors de là, il faut toujours dire soixante-dix, tout de même que l’on dit quatre-vingts et non pas octante, et quatre-vingt-dix et non pas nonante.» (Vaugelas, Remarque 400e.)

Il est à regretter que Vaugelas n’ait pas été un grammairien plus philosophe, et qu’il ait eu tant de déférence pour l’usage de la cour; car, avec l’influence que lui donnaient et sa position dans le monde et l’estime dont il jouissait près des écrivains de son temps, rien ne lui eût été plus facile que de faire la fortune de ces trois mots: septante, octante et nonante, qui certainement méritaient d’être bien accueillis, et qui devraient bien remplacer ces vilains mots de soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix, que repousse leur manque d’analogie avec nos autres noms de nombre. Il ne fallait de la part de Vaugelas que savoir dominer le sot usage de la cour au lieu de lui obéir servilement; mais Vaugelas était trop courtisan pour cela. C’eût été une chose bien étonnante qu’au bout de deux cents ans, ces trois mots présentés par un patron puissant n’eussent pu parvenir à se faire accorder le droit de cité!

Voici ce que dit M. Ch. Nodier sur ce sujet: «Il ne s’agit pas ici d’attenter à la langue de Racine et de Fénelon (en substituant septante, etc., à soixante-dix, etc.), il s’agit de donner à la langue numérique une précision essentielle, indispensable, et de faire prévaloir le bon sens contre une tradition gothique.» (Examen critique des Dict.)


SERBACANE.

Locut. vic.Il a perdu sa serbacane.
Locut. corr.Il a perdu sa sarbacane.

Ménage trouve sarbacane plus conforme à l’étymologie.