SOI.
| Locut. vic. | Cet homme a fait cela de soi-même. |
| Locut. corr. | Cet homme a fait cela de lui-même. |
«Lui marque une personne particulière et déterminée, celle qu’on a nommée, celle dont il s’agit dans le discours, qui est à côté ou plus haut. Soi n’indique qu’une personne indéterminée, quelqu’un, les gens d’une certaine classe, ceux qui existent ou qui peuvent exister de telle manière.
«Lui se place donc dans la proposition particulière, lorsqu’il s’agit d’une telle personne: soi se met dans la proposition générale, lorsqu’il est question d’un certain genre de personnes. Lui-même et soi-même n’ajoutent à lui et à soi qu’une force nouvelle de désignation, d’augmentation, d’affirmation.
«Un homme fait mille fautes, parce qu’il ne fait point de réflexions sur lui; on fait mille fautes, quand on ne fait aucune réflexion sur soi. Quelqu’un, en particulier, aime mieux dire du mal de lui que de n’en point parler: en général, l’égoïste aimera mieux dire du mal de soi que de n’en point parler. Un tel a la faiblesse d’être trop mécontent de lui, tel autre a la sottise d’être trop content de lui; être trop mécontent de soi est une faiblesse; être trop content de soi est une sottise. On a souvent besoin d’un plus petit que soi; un prince a besoin de beaucoup de gens beaucoup plus petits que lui.» (Roubaud, Synonymes.)
SOI-DISANT.
| Locut. vic. | On lui a fait, soi-disant, du tort. |
| Locut. corr. | On lui a fait, dit-il, du tort. |
Cette expression ne peut être régulièrement employée que pour signifier se disant, disant lui, elle, eux, elles, comme dans ces phrases: On m’adressa à un soi-disant savant, qui n’était qu’un charlatan; je vis quelques hommes soi-disant malades, c’est-à-dire un homme se disant, disant lui, savant, quelques hommes se disant, disant eux, malades. Mais dans cet autre exemple, l’emploi de soi-disant est tout-à-fait intolérable: Il m’emprunta des livres, soi-disant pour les lire, et les perdit. Voyez quelle construction vous avez! Il m’emprunta des livres, se disant pour les lire, etc. Soi-disant demande toujours à être suivi d’un complément qui sert de qualificatif au pronom personnel qu’il renferme. Autrement on fait une phrase dont l’analyse ne peut rendre compte logiquement, et dont, pour cette raison, le vice est évident.