«Luneau de Boisgermain observe que témoin n’est point adverbe, mais un ablatif absolu, et que, par conséquent, il est plus que probable que l’auteur avait écrit témoins au pluriel. Ce qu’il est important de remarquer, c’est l’erreur de Luneau; toutes les bonnes éditions de Racine portent témoin au singulier, pris adverbialement. A l’autorité de Racine se joint celle du Dictionnaire de l’Académie, qui contredit formellement cet étrange commentateur.» (Geoffroy, Œuvres de Racine.)
Notre langue a de la répugnance à faire subir l’accord aux mots qui en précèdent d’autres qui les régissent. L’esprit n’aime pas, comme le dit M. Laveaux, à revenir en arrière. Témoin les mots feu, nu, etc., qui restent invariables quand ils sont suivis des substantifs auxquels ils se rapportent.
TEMPLE.
| Locut. vic. | Il a été blessé aux temples. |
| Locut. corr. | Il a été blessé aux tempes. |
Du temps de Vaugelas (161e rem.), on disait la temple et non la tempe. Ce dernier mot est le seul reçu maintenant.
«Les tempes ont, dit-on, été ainsi nommées (tempora, en latin), parce qu’elles indiquent le temps ou l’âge de l’homme, à cause de la blancheur des cheveux qui commence à cet endroit.» (De Roquefort, Dict. étym.)
TEMPS (DANS LE).
| Locut. vic. | Cela m’a coûté mille francs dans le temps, dans les temps. |
| Locut. corr. | Cela m’a coûte mille francs autrefois. |